Collège Willy Ronis

Champigny sur Marne

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Principale: Mme De Sousa          Adjoint: Mme Gaspari          Gestionnaire: Mme Durand

 

musique-3ème

EPI sur le blues

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EPI 3ème : Culture et Création Artistique

Education musicale

Problématique : En quoi les oeuvres sont-elles influencées par leur époque ?

LE BLUES  


C'est un genre musical afro-américain qui entre parfaitement dans le cadre de la problématique proposée pour cet EPI. Pour bien comprendre les circonstances de l’apparition de ce genre musical, on ne peut

pas le séparer de son époque et du pays qui l’ont vu naître ainsi que de ses créateurs.

De quelle époque s’agit-il ?

Quand  ? D’un point de vue chronologique le blues s’est élaboré entre la fin de la guerre de Sécession (1865 ) et 1900 . Il a peu évolué depuis le XXe siècle et se pratique encore aujourd’hui dans le monde entier tel un langage

universel (Give me one reason  de Tracy Chapman, 1995).

Qui  ? Ce sont les anciens esclaves –les afro-américains- devenus libres qui l’inventent. C’est un chant profane  (non religieux contrairement au negro spiritual), sans doute le premier genre musical inventé par cette

communauté.

Où  ? Dans les états du sud des Etats Unis qui pratiquaient l’esclavage, puis s’étend dans les états du nord après la première guerre mondiale car les bluesmen fuient le chômage, la misère, les intimidations du Ku Klux Klan, le

racisme, la ségrégation (les lois Jim Crow-à connaitre Ecouter Jim Crow blues  : https://youtu.be/Fq0lXTTS_1E

Comment  ? Il vient des « work song  » que chantaient les esclaves en travaillant pour se donner du courage. Il naît de la déception issue de l’espoir qu’ils nourrissaient dans l’abolition de l’esclavage et de la misère qu’ils endurent au quotidien.

1) Les paroles  : Si l’émancipation s’avère être un échec complet, le statut de l’homme noir a changé : c’est sorti de ses habits d’esclave et apte à prendre la parole qu’il va porter un regard sur lui-même, sur son

identité, sur sa vie sociale. Devenu sujet de son histoire et non plus objet de possession d’un propriétaire, il va désormais parler de ce qu’il est, de ce qu’il vit, de ses sentiments, de ses expériences, il va chanter le blues.

 Les paroles autobiographiques et poétiques serpentent entre bonheurs fugitifs et désespoir face à la misère ou la mort, entre ironie du sort et aspiration vers des lendemains meilleurs, entre errance vers des ailleurs

supposés plus cléments et oubli dans l’alcool, entre solitude face au coucher du soleil et  désamour, séparation exprimés sur un mode humoristique et imagé comme dans The blues in my flat  de Benny Goodman

(https://www.youtube.com/watch?v=gH8AK-GYmGU  à 2’37’’, voir plus bas).

L’origine du mot blues viendrait de l’expression « to be blue » : broyer du noir ou « to have the blue devils » : avoir des idées noires.

De la prison à la guerre, des inondations aux programmes d’assistance mis en place par Roosevelt pendant la Grande Dépression (les années 30), jamais larmoyant, toujours lucide, le blues va, par la sublimation

du quotidien, atteindre à l’universel. En assurant sa propre transmission par l’oralité et le relais d’une industrie du disque naissante, il va ainsi marquer de son empreinte toutes les musiques populaires qui ont émergé au XXème siècle.

 Les paroles d’un blues s’organisent dans une succession de couplets improvisés de 3 phrases chacun (pas de refrain, c’est une forme strophique ) dont la première est redite quasi à l’identique. On peut en faire le plan suivant : A A’ B

 

Ex  : The blues in my flat A  : Mama, why do you treat me so ? A’  : Mama, mama, why do you treat me so ? B  : When you treat this way babe, you make me feel a poor boy.

2 ) If my girl cried whisky instead of crying soft water tears (bis) I would never be sober babe for another one 25 years.

3 ) Now give me back that wig I brought you and let your hair go go (bis) With this Benny good mood swing babe you don’t need no hair any more.

Traduction : 1) Chérie, pourquoi me traites-tu ainsi ? Quand tu me traites comme ça, je me sens comme un petit garçon.

2) Si ma copine pleurait du whisky au lieu de douces larmes d’eau, je ne serai plus jamais sobre pour les 25 années à venir.

3) Maintenant, rends-moi la perruque que je t’ai donnée et laisse pousser tes cheveux. Avec ce super swing de Benny tu n’as plus besoin de cheveux (???)

 Les 3 phrases chantées se posent sur 3 phrases musicales.


2) La musique  : elle s’organise en 3 phrases de 4 mesures chacune (le blues en compte le plus souvent 12) accompagnées par 3 accords, les I, IV et Vème  degrés de la gamme ou de la tonalité du blues (voir le cours).

Au point de vue mélodique, le chant s’appuie sur une gamme composée de 5 sons (pentatonique) d’origine africaine dont la tierce est mobile, oscillant entre majeure et mineure (tierce neutre en fait). Chaque phrase

chantée est suivie d’un commentaire instrumental  (courte phrase musicale improvisée) permettant au chanteur de réfléchir à la suite de son histoire car le blues est un genre improvisé sur le plan mélodique (chant et

commentaire) comme dans les paroles. En revanche, la structure en 12 mesures, les accords et leur place dans la grille ne sont pas improvisés.

Le blues est, tant du point de vue des paroles que de celui de la musique, un genre simple dû au faible taux d’alphabétisation de ses créateurs dans la 1ère  moitié du XXe siècle.

Voir et écouter Bessie Smith, Robert Johnson

3) Bref regard historique sur l’époque qui a permis l’émergence du blues

La loi sur les droits civiques de 1866 (Civil Rights Law) donna aux Noirs le statut de citoyens à part entière. Mais les États sudistes cherchèrent aussitôt à contourner la loi, au besoin en terrorisant la population noire : en

1866 est fondé, dans le Tennessee, le Ku Klux Klan, société secrète rassemblant des partisans de l’esclavage dont les moyens d’action consistent dans l’emploi de la violence, de l’intimidation, le recours aux déguisements

pour effrayer les Noirs, les lynchages arbitraires, etc.

Ecouter Strange fruit de Billie Holiday, 1937 : https://youtu.be/h4ZyuULy9zs

La seconde guerre mondiale a renforcé le traditionnel courant migratoire des noirs du Sud vers les grandes villes du Nord. Ces migrations rapides et massives ont entraîné la formation dans les grandes villes de

quartiers noirs (Harlem à New York).

A Chicago et à Détroit (nord des USA), là où ces quartiers noirs vont devenir de véritables ghettos sous l’effet de l’insalubrité et l’insécurité croissante, le blues va se faire plus dur que celui du Delta (du

Mississipi) pour exprimer les sentiments d’une communauté toujours rejetée par la société américaine mais dont les valeurs de solidarité se délitent au sein du ghetto. L’amplification électrique dans les années 40 permettra

aux grands bluesmen de Chicago et Détroit (Muddy Waters, John Lee Hooker, Otis Rush) d’exprimer à merveille ces nouveaux sentiments communautaires. C’est le blues urbain.


4) Evolution du blues

Le Blues va beaucoup se diversifier après-guerre la seconde guerre mondiale sous l’effet des nouvelles conditions de vie urbaine des noirs-américains et de l’électrification des instruments (guitare et basse

électriques). Parmi toutes ces évolutions, une nouvelle forme de blues qui a marqué toute l’évolution musicale de la seconde moitié du XXème siècle est née à la Nouvelle-Orléans : le Rhythm ’n Blues.

 Ecouter Rollin’ stone  de Muddy Water, 1950 :

http://www.dailymotion.com/cdn/manifest/video/xrd5f.m3u8?auth=1489746501-2562-xderpkl3-

e0586fabcccedb96ed57f7aac34ae47f

Ecouter Hobo blues de John Lee Hooker : https://youtu.be/emWrWkj7G70

Musique débridée pleine d’entrain et de joie de vivre, le rhythm ’n blues est né du foisonnement musical de cette ville bigarrée au plan culturel (français, espagnols, anglais, africains) et de la diversification du blues

d’après-guerre. C’est cette musique endiablée qui a donné naissance dans les années 50 au Rock ’n Roll. Les jeunes Blancs du Sud ont en effet été attirés par cette musique noire dont ils se sont inspirés pour faire

évoluer leur Country music. Le “Rock” et le “Roll”, dans le langage négro-américain, signifiaient des changements de positions tant musicales que sexuelles. On a d’abord appelé cette musique le Rockabilly, puis Rock ’n Roll,

marquant ainsi la filiation musicale prépondérante au Rhythm ’n Blues des Noirs.

Ecouter Bill Haley, Elvis Presley, Little Richard (Tutti frutti) Chuck berry(Johnny B. Goode), … Les titres fondateurs du rock’ n roll sont It’s all right Mama et Blue suede shoes chanté par E. Presley en 1954 et Rock

around the clock de Bill Haley en 1955

Curieuse destinée, donc, que celle du blues, né dans les champs de coton du Sud et qui a enfanté pratiquement tous les courants qu’on regroupe aujourd’hui sous le terme de « musiques actuelles », signant ainsi, à travers

l’art et la culture, la revanche de l’esclave sur le maître.

Si tu veux approfondir le sujet, tu trouveras beaucoup d’informations et de liens musicaux sur le site www.itineraires-blues.com et le documentaire Black music, des chaines de fer aux chaines d'or que tu trouveras sur Dailymotion (après la pub...): 

http://www.dailymotion.com/video/x37i4eo_black-music-des-chaines-de-fer-aux-chaines-en-or_lifestyle


Mise à jour le Vendredi, 07 Avril 2017 17:52

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